Tu fais quoi pour le 31 ?

Je n’ai jamais été mince. Je ne me suis donc jamais considérée « dans la norme », sachant que j’ai réalisé depuis quelques temps déjà que cette norme dans laquelle je souhaitais être n’avait jamais réellement existé ailleurs que dans les théories de mes pensées, occasionnant ainsi des complexes de plus en plus nombreux à gérer (sans succès, au demeurant), au fil des ans. Le 31 décembre cristallise ainsi toutes mes souffrances de « la grosse » que j’étais, que je suis, que je ne cesserai jamais d’être sûrement, dans ma tête (moins dans mon corps, quand même). La question n’était pas d’être invitée à une soirée, mais de s’habiller pour la circonstance. l’exècre violemment ce souvenir lié à l’avant-soirée, où j’arpentais les boutiques pour trouver LA tenue, pas celle qui me plairait, non non, mais celle qui accepterait d’accueillir ce corps, pour le pire, sans le meilleur, le temps d’une soirée (quel gâchis). Je n’ai jamais porté, pour cette soirée, une tenue qui me plaise. Très certainement parce que je ne me suis jamais sentie… Plaisante ? Sûrement. Et puis je n’osais pas aller danser. Je n’étais jamais bien. Jamais libre. Jamais entièrement moi. Ni entièrement là. J’appartenais déjà, corps et âme, à cette résolution des heures à venir que j’allais prendre : MAIGRIR.

Alors depuis quelques années, j’ai fait la paix avec ce 31 qui m’a apporté tant de larmes et de tristesse pour célébrer la fin d’année, et tant de fois la même résolution à prendre pour le 1er jour de la nouvelle année.

Le 31 rime avec restaurant et cinéma. J’aime franchir la ligne entre la fin d’une année et le début de la suivante dans une salle obscure, bien loin de tout décompte. Je me refuse à parcourir les boutiques quelques jours avant, et je pioche dans mon dressing. Et je ne prends aucune résolution : je poursuis juste ce que j’accomplis quotidiennement, avec parfois plus ou moins de succès, mais dans un esprit de continuité, persévérance et tolérance.

Et que j’aime cette paix, inégalée et inespérée.

Note de rédaction : je viens de me relire, et c’est juste impressionnant d’être autant en osmose avec ce que je viens d’écrire. C’est TELLEMENT ça.

Note de rédaction bis : Oui, je sais, un bail que je ne suis pas venue écrire ici. J’avais besoin de ce petit temps d’introspection avec moi-même. Je vous souhaite de finir cette année et commencer celle qui suit avec sérénité.

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Constat.

Les gens autour de moi ne cessent de mater la taille de mon cul (et pas par admiration, apparemment). C’est la conclusion de ces derniers jours, vu le nombre de personnes que je croise et qui s’exclament que j’ai « bien » maigri. Certes, cela me fait plaisir, je ne vais pas le nier. Mais d’un autre côté, je me dis que quand même, mon poids n’est pas un sujet de conversation, surtout dans le monde professionnel. Et pourtant. Alors je relativise.

Et je me dis que vraiment, ce que j’aimerai, c’est ne plus REGROSSIR. Et si la dernière fois que j’avais maigri, je m’étais dit EXACTEMENT la même chose, au mot près, force m’est d’admettre que je n’ai pas appliqué mes propres préceptes. Je ne veux rien promettre, mais je dois, cette fois, apprendre à me stabiliser. Mon corps ne supporte plus ce que je lui inflige, mon esprit non plus d’ailleurs.

Hier matin, c’est la première fois depuis un mois, où je me suis levée sans souffrir. Le constat est simple : le contrôle de ma consommation de sucre, des étirements. Et quelques kilos en moins.

Et puis la récompense, au-delà d’une nette atténuation des douleurs, c’est de changer de pile de jeans, mais cette fois dans le bon sens.

La pile d’à côté.

Depuis fin octobre, je surveille à nouveau et très très étroitement ma consommation de sucre. Je la limite au maximum, afin de me sortir de cet état inflammatoire dans lequel j’évolue en permanence. Je mixe avec d’autres méthodes thérapeutiques douces.

Et je viens de changer de pile de pantalon et ça, même si ça fait un bien fou à l’égo, c’est aussi très bon signe pour mes douleurs. Que j’aimerai retenir les leçons du passé. Stabiliser. Ne plus reprendre. Enfin, pour le moment ce temps-là, sur lequel je m’engage à m’attarder bien davantage à l’avenir, n’est pas encore venu.

Encore 5, ce serait bien. 10, ce serait mieux. Et 15…

Mais pas de projection inutile. Pour le moment, je prends soin de moi, ce que j’ai cessé de faire depuis un peu trop de temps. C’est si facile de fuir la balance pour de mauvaises raisons. Bon, je suis loin de vivre une relation apaisée… Mais je gère. L’essentiel c’est que je ne revienne pas à cette époque où je me pesais tous les jours, plusieurs fois par jour.

Et puis le rappel à l’ordre.

Quand j’avais pris la décision de maigrir (enfin, de RE-maigrir puisque j’en suis toujours à yoyoter allègrement depuis des années…), c’était suite à la survenance d’horribles douleurs dans mon corps. Le diagnostic était loin d’être rare, 40 ans et de l’arthrose ma brave dame, sauf qu’au niveau du dos, dans mon cas, l’arthrose grignotant plus un côté que l’autre, j’ai découvert les joies de l’existence avec une scoliose. Et puis les genoux. Les hanches. Même les poignets… Ma dernière grosse crise d’arthrose (celle qui ne trouve point d’issue sans un traitement aux corticoïdes) remonte, je crois, à novembre 2015. J’avais considérablement réduit le sucre, perdu quelques kilos, je n’étais pas mince mais j’étais bien. Je souffrais moins, surtout. Si je ne supporte pas que l’on fasse un lien entre mes maux et mon poids, je ne suis pas dupe pour autant, le lien je le fais de moi-même, comme une grande (et grosse) fille.

Et puis cette fin du mois d’octobre vient de me laisser sur un flan (le moins arthrosé, sûrement !). A ne plus savoir comment être, comment me lever, comment marcher, comment dormir, comment ne plus avoir mal. Comment être juste un peu sereine. Juste un peu bien. Je me remets doucement.

Le sucre.

Les kilos, ensuite.

Je prends soin de moi. J’ai repris le stretching. J’ai acheté un coussin chauffant et je ventouse mon corps douloureux dessus matin & soir, je viens aussi de commander LE truc miracle dont on ne cesse de me parler (même le kiné !), le fameux « champ de fleurs » aussi connu sous le surnom de « tapis du fakir ». Et puis je surveille mon alimentation. Et forcément, vu ce que je souffre encore, c’est drôlement facile. Les vertus du rappel à l’ordre, donc.

 

13 heures 52.

C’est l’histoire d’une fille qui le matin même, publie un billet très intéressant sur son relationnel à la balance et qui une fois le déjeuner pris, se précipite dans la salle de bain pour se peser (pathétique ?).

Étrangement, cela m’a fait du bien. Sûrement parce que c’était le bon moment. Il n’y avait rien de dramatique, juste avant de me peser je me suis quand même dit qu’il ne me restait que 2 secondes pour reculer mais je ne l’ai pas fait. Je me suis hissée, toute en souplesse et légèreté. Et puis j’ai baissé les yeux vers mes orteils, non sans ressentir très très fort les battements de mon coeur.

Je n’espérais rien. J’avais très peur d’avoir grossi et sans faire une confiance absolue (c’est un tort) à mes fringues je savais paradoxalement qu’il n’en était rien (le fameux jean témoin). Je constate donc que je n’ai pas pris un gramme. Il y a même une petite voix qui me souffle que je peux vivre « normalement ». Il me reste sûrement à définir ce mot.

Alors pour me rassurer/féliciter/encourager (et que sais-je encore !), je suis allée commander sur le net une belle blouse qui me faisait de l’oeil depuis quelques jours, en espérant qu’elle me plaira (et m’ira).

Se peser n’est pas une punition.

J’ai décidé, depuis quelques temps, de prendre mes distances avec l’engin (= la balance) (qui balance !). Parce que je faisais trop fréquemment le lien entre ce que je mange, ce que je ne mange pas et un chiffre sur la balance. Je me rendais malheureuse. Et je souffre d’être mon propre bourreau. C’est un cercle vicieux, duquel j’ai décidé de m’extirper, en solo. Durant quelques jours, très récemment, j’ai ressenti une folle envie (envie ?) de me peser. Je ne cessais d’y penser. Parce que je ne mangeais pas « comme il faut » (et c’est comment, « comme il faut ? »), parce que je ne flottais pas dans tel jean ni telle blouse, parce que ceci et cela… Et que forcément, je n’avais pas dû maigrir. Pire, peut-être même regrossir et ne pas le sentir. J’ai lutté pour ne pas me hisser sur l’engin. Je lutte encore, d’ailleurs. Et un matin, j’ai réalisé que pour l’heure, j’assimilais la pesée à une punition. Comme si j’avais besoin de me fustiger en faisant le constant d’un échec. Tu ne maigris  pas = TU ES NULLE. Alors je ne me sens pas plus forte après ce constat, ni plus avancée (quoi que) dans ma réflexion, mais le fait d’avoir mis des mots sur ce comportement qui est mien et qui occasionne bien des maux à l’intérieur de moi-même, je ne sais pas… Je me sens un peu plus légère.

De l’amabilité urbaine matinale.

Je dors peu. Et souvent, je dors mal. Je me réveille tôt, mais pour autant je ne suis pas très active le matin. Je vais au bureau en partie à pied et en transport en commun. J’aime assez ce moment, désormais. Il m’appartient. Il fait partie de mon quotidien. Je prête attention à ce qui m’entoure, moins à ceux qui m’entourent.

Je venais de m’engager sur le passage piéton quand une voiture est arrivée. Alors que j’allais rejoindre le trottoir, le (vilain) monsieur a hurlé « Et surtout, ne dit pas merci Poufiasse ! ». Souvent, il m’arrive de dire merci, c’est vrai. Parce que l’intention est gentille, compte-tenu du nombre conséquent d’automobilistes qui ne prennent pas la peine de laisser passer les piétons. Ce matin-là, je rêvassais.

Je me suis retournée vers l’odieux personnage, et je lui ai demandé s’il disait MERCI à chaque fois qu’un feu de signalisation passe au vert. Non parce que laisser passer un piéton, c’est un droit pour ce dernier, conformément au code de la route, et non une faveur ! Il a marmonné je ne sais quoi (je n’ai pas entendu et c’est sûrement préférable) non sans élever fort élégamment son majeur avant de reprendre sa route.

Une bonne journée à vous aussi, cher Monsieur !