« C’est un caprice, ou bien ? »

J’aime passionnément lire, sûrement autant que j’aime voir un film dans l’obscurité d’une salle de cinéma. J’ai l’impression que cela me sauve, de mes pensées négatives (si si, j’en ai, je ne suis pas rigolote H24) (par contre j’ai le Bouboule-Power H24 en ce moment, hier j’étais à deux kilos de reprendre Weight Watchers et puis….), de mes angoisses, de mes questionnements. Lire me fait du bien, lire m’apaise, même si paradoxalement je ne lis pratiquement que des polars et que, comme j’aime à le dire, plus il y a de la souffrance, plus j’aime (Serial Killeuse Assistance, j’écoute ?). Je veille à lire entre 1/2 heure et 1 heure le matin, le minimum vital pour affronter mes journées actuelles. Avant, je lisais sur une toute petite liseuse numérique. Lassée par la taille de l’écran, j’ai investi fin décembre dans une tablette 7 pouces, mais mes yeux comme mes poignets se plaignent, de la luminosité de l’écran et du poids de l’engin. BREF.

Depuis quelques jours, je louche donc très très fort sur la Kobo Aura One (tant qu’à faire de changer, autant prendre le must, non ?). Il y a dualité interne dans ma tête, entre la voix de la lectrice compulsive que je suis et la voix de la raison. La voix de la raison, elle n’arrête pas de me répéter de sa petite voix stridente et haut perchée :

« C’est un caprice, ou bien ? ».

Et puis forcément, la lectrice compulsive que je suis clame que non, ce n’est pas un caprice, mais un vrai besoin. Une condition de survie dans l’univers impitoyable, même.

Du coup, je me suis achetée des jolis débardeurs en lin sur La Redoute, pour patienter, parce que madame Pascale m’en a parlé sur Instagram et qu’en effet, on a l’air très bien dedans. Et que Bouboule-Power ou pas, je refuse de me cacher sous du tissu au moindre rayon de soleil (en plus même si je suis bien cachée, l’on me trouve super facilement quand même ! Et je ne comprends pas pourquoi….?).

C’est le Bouboule-Power ?

Une fois de plus (une fois de trop ?) je m’use sur cette utopie des 10 kilos à perdre. Ce n’est même pas le spectre du bikini qui me motive, je n’en porte pas et puis cela fait des années que je n’ai plus de gêne à me mettre en maillot de bain (je ne jure que par le 1 pièce en mode bustier, parce que par contre j’exècre la marque des bretelles sur les épaules. Les bourrelets, oui ; les rayures, NON) (je me fais rire toute seule, quand j’écris et que je me relis….). Je me rappelle de ma jeunesse, où je rentrais mon ventre en position assise, sur la serviette… Souvent, je préférais rester allongée. Un peu comme si allongée, tes bourrelets se lissent jusqu’à disparaître, tu vois ? BREF.

Alors l’autre soir, rude journée, je rentre, je mange n’importe comment (il serait pourtant si SIMPLE de bien manger), parce que je suis fatiguée, parce que ceci, parce que cela, parce que j’avais envie de me faire PLAISIR tant ce mot ne figure pas dans mes journées actuelles et puis je me suis dit que sûrement, mon super pouvoir à moi, c’était le Bouboule-Power. Je ne sais pas si j’arrête de chercher à maigrir à tout prix, en tout cas il faut bien que j’arrête de m’user, parce que je pense que…. Je ne sais pas ce que je pense, en fait. Je pense juste qu’il faut que j’arrête de m’user.

Je regarde de loin (ou de très près, c’est selon) ce mouvement sur Instagram #bikinifermetagueule et oui j’avoue, j’aime beaucoup, je n’en suis pas encore à exposer mon lard sur ce vaste monde qu’est Internet, mais quand même, le principe est bien. On peut vivre avec quelques kilos en trop, non ?

Je suis usée et surtout, lassée de me cacher (d’autant que l’on me voit de près et surtout de loin, forcément, puisque niveau silhouette la mienne est plus épaisse que la moyenne….).

Voilà. C’était le billet du dimanche soir, celui qui je l’espère, sera un peu plus libérateur que les précédents (pour moi, entendons-nous bien).

Et puis le sucre…

J’ai découvert un peu par hasard Thomas Clouet et sa quête du sucre et/ou du sel. J’aime énormément sa façon d’illustrer en photo les quantités de l’un ou de l’autre dans les aliments « du quotidien ». Très souvent, je suis surprise : c’est le cas avec ce yaourt Sveltesse. Je n’ai jamais aimé les yaourts allégés et pourtant, qu’est-ce que j’ai pu en manger, parce que c’était régime (ah ah ah !), parce que c’était autorisé, parce que c’était l’illusion d’un peu de sucré (si j’avais su !) dans une période de privations, parce que c’était mieux ça qu’autre chose, parce que tout un tas d’autres raisons, encore. Aujourd’hui, j’ai banni sans aucun état d’âme les aliments allégés de mon alimentation. De toute manière, je crois que je suis incapable d’avaler une cuillère d’un yaourt à 0%. Je déteste le goût de l’aspartam ou autre substitut. Je préfère manger vrai, en quantité moindre. C’est le fruit d’une longue réflexion et d’une encore plus longue phase de privations… Ce n’est pas toujours simple, la culpabilisation est si facile.

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Sur la pointe des pieds.

Ce matin, j’ai lu, ailleurs, ces quelques mots : « Tes billets me manquent… ».

Je l’avais déjà lu, avant. Avec d’autres mots. Je n’ai pas su y répondre, peut-être parce que les mots me manquent autant que mes propres billets. J’ai souvent cliqué sur « ajouter un article ». Et puis…

Et puis j’avais tellement besoin de ce temps, si précieux. Pour lire. Pour tenter de mettre de côté un travail sacrément chronophage, avec les angoisses qui vont avec. C’est la première fois de ma vie que je quitte le travail en pleurant. Sûrement plus la dernière.

Alors ces derniers temps, je me suis un peu laissée couler, tout en tentant vainement de garder la tête hors de l’eau, histoire de ne pas sombrer définitivement. Évidemment, je me suis réfugiée dans ce que je pratique le mieux, la gloutonnerie. Et comme la gloutonnerie rime avec privation… Me voilà affublée de quelques kilos de plus alors que le printemps arrive. Et mon estime de moi n’est pas très très élevée, forcément.

Pour résumer, je suis grosse et je m’en donne la peine. Ah ah ah. Sacré Mantra ! Et de toutes les leçons passées, je suis au regret de constater, pour la énième fois, que je n’en ai retenu AUCUNE. Exemple frappant hier, je regarde la composition d’un yaourt et comme je traque le glucide, je me dis « NIET ». Et puis quoi alors, pourquoi suis-je toujours dans cette quête de la perfection ?

J’ai vraiment envie de revenir, ici, conter avec humour les déboires qui sont les miens. Et les succès, aussi. Parce que rien n’est jamais aussi sombre que je veux me le laisser croire.

 

Tu fais quoi pour le 31 ?

Je n’ai jamais été mince. Je ne me suis donc jamais considérée « dans la norme », sachant que j’ai réalisé depuis quelques temps déjà que cette norme dans laquelle je souhaitais être n’avait jamais réellement existé ailleurs que dans les théories de mes pensées, occasionnant ainsi des complexes de plus en plus nombreux à gérer (sans succès, au demeurant), au fil des ans. Le 31 décembre cristallise ainsi toutes mes souffrances de « la grosse » que j’étais, que je suis, que je ne cesserai jamais d’être sûrement, dans ma tête (moins dans mon corps, quand même). La question n’était pas d’être invitée à une soirée, mais de s’habiller pour la circonstance. l’exècre violemment ce souvenir lié à l’avant-soirée, où j’arpentais les boutiques pour trouver LA tenue, pas celle qui me plairait, non non, mais celle qui accepterait d’accueillir ce corps, pour le pire, sans le meilleur, le temps d’une soirée (quel gâchis). Je n’ai jamais porté, pour cette soirée, une tenue qui me plaise. Très certainement parce que je ne me suis jamais sentie… Plaisante ? Sûrement. Et puis je n’osais pas aller danser. Je n’étais jamais bien. Jamais libre. Jamais entièrement moi. Ni entièrement là. J’appartenais déjà, corps et âme, à cette résolution des heures à venir que j’allais prendre : MAIGRIR.

Alors depuis quelques années, j’ai fait la paix avec ce 31 qui m’a apporté tant de larmes et de tristesse pour célébrer la fin d’année, et tant de fois la même résolution à prendre pour le 1er jour de la nouvelle année.

Le 31 rime avec restaurant et cinéma. J’aime franchir la ligne entre la fin d’une année et le début de la suivante dans une salle obscure, bien loin de tout décompte. Je me refuse à parcourir les boutiques quelques jours avant, et je pioche dans mon dressing. Et je ne prends aucune résolution : je poursuis juste ce que j’accomplis quotidiennement, avec parfois plus ou moins de succès, mais dans un esprit de continuité, persévérance et tolérance.

Et que j’aime cette paix, inégalée et inespérée.

Note de rédaction : je viens de me relire, et c’est juste impressionnant d’être autant en osmose avec ce que je viens d’écrire. C’est TELLEMENT ça.

Note de rédaction bis : Oui, je sais, un bail que je ne suis pas venue écrire ici. J’avais besoin de ce petit temps d’introspection avec moi-même. Je vous souhaite de finir cette année et commencer celle qui suit avec sérénité.

Constat.

Les gens autour de moi ne cessent de mater la taille de mon cul (et pas par admiration, apparemment). C’est la conclusion de ces derniers jours, vu le nombre de personnes que je croise et qui s’exclament que j’ai « bien » maigri. Certes, cela me fait plaisir, je ne vais pas le nier. Mais d’un autre côté, je me dis que quand même, mon poids n’est pas un sujet de conversation, surtout dans le monde professionnel. Et pourtant. Alors je relativise.

Et je me dis que vraiment, ce que j’aimerai, c’est ne plus REGROSSIR. Et si la dernière fois que j’avais maigri, je m’étais dit EXACTEMENT la même chose, au mot près, force m’est d’admettre que je n’ai pas appliqué mes propres préceptes. Je ne veux rien promettre, mais je dois, cette fois, apprendre à me stabiliser. Mon corps ne supporte plus ce que je lui inflige, mon esprit non plus d’ailleurs.

Hier matin, c’est la première fois depuis un mois, où je me suis levée sans souffrir. Le constat est simple : le contrôle de ma consommation de sucre, des étirements. Et quelques kilos en moins.

Et puis la récompense, au-delà d’une nette atténuation des douleurs, c’est de changer de pile de jeans, mais cette fois dans le bon sens.